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 (texte en italique) complété par des extraits d’un article de M. André Dezellus, publié dans la revue Confluence
Amis des Monuments et Sites de l’Eure (AMSE) - parcours du 7 septembre 2003.   

 

Le Prieuré de Saint Aubin  

27150 Doudeauville-en-Vexin

Historique

Le Prieuré de Saint Aubin, à Doudeauville, fut une maison paysanne en rez-de-chaussée, affecté aux religieuses de l’Abbaye de Fontaine Guérard (vallée de l’Andelle).

[…] En 1198, lors de la fondation de moniales de Fontaine-Guérard par Robert de Meulan, comte de Leicester et conseiller d’Henri 1er Beauclerc, on voit Guérit de Vitrencourt donner cette même église [celle de Saint Aubin à Doudeauville] à ce couvent, avec les masures et les hôtes qu’il avait dans le voisinage. Le tout avec l’assentiment de son suzerain, Hugues de Chaumont et de son fils Simon. Plus tard le « Registrum » de Philippe-Auguste nous confirme la suzeraineté de Hugues II de Chaumont sur Doudeauville. En 1220, l’église comptait 90 paroissiens, chefs de famille et rapportait 12 Livres de revenus à l’abbaye de Fontaine-Guérard. […]

Les religieuses ne devaient pas être nombreuses. Elles avaient une entrée particulière donnant à l’église pour vaquer à l’entretien de l’édifice, y préparer les offices, le catéchisme. La porte, ancienne, est toujours en place.

Autrefois le site de l’église était formé d’un cimetière qui entourait probablement l’édifice religieux et le prieuré des religieuses.

Il est probable que la ferme voisine dépendait de la propriété.

Enclavé dans la propriété, en bordure des marais, un enclos appartenait alors à la paroisse. Ce lieu est appelé « Fontaine Saint Aubin ». Il renferme une source et un oratoire avec un buste ancien, repeint. Le 1er mars avait lieu la procession religieuse, de l’église jusqu’à la fontaine. Les pèlerins recueillaient l’eau qui, paraît-il, guérissait les maux d’yeux et d’oreilles. Dans l’espoir de voir leur vœux se réaliser, les jeunes gens jetaient de menues monnaies dans la fontaine. Cet enclos fait aujourd’hui partie du patrimoine municipal qui entretient la « sente de Saint Aubin » qui y mène depuis la route.

La maison devait être en silex, briques et pans de bois, semblable à l’ancien presbytère qui fait vis-à-vis mais dont il ne reste qu’une partie ancienne.

D’origine sont la cave, l’escalier (en pans de bois), la chambre principale avec alcôve, dite « de la prieure » (abritant probablement un lit clôt, comme l’indiquent des ferrures au sol), l’entrée, la salle de séjour et la cuisine. Ces deux pièces, dotées de cheminées, ont été réunies depuis. La maison devait être mansardée et l’escalier montait donc aux chambres des religieuses.

On trouve, sur le mur Nord, une reproduction des armoiries de l’abbaye de Fontaine-Guérard : « d’argent à deux faces de gueules ».

[…] Ce n’est qu’à la fin du 16ème siècle que les religieuses de Fontaine-Guérard, sous l’abbatiat de Marie de Roncherolles, vendirent partiellement et donnèrent à bail à Guillaume de la Gandille leur fief de Doudeauville avec les droits honorifiques y attachés et le droit de présenter à la cure. […] A partir de 1704, le Pouillé de Rouen constate que le patronage a cessé d’appartenir à l’abbaye de Fontaine-Guérard et qu’il appartient au seigneur du lieu. […].

La date de 1754 se lit en haut d’une cheminée, face à l’église (deux conduits, qui correspondent aux deux pièces réunies par la suite). C’est donc sans doute vers cette époque que la maison fut surélevée d’un étage, recoiffée d’un toit d’ardoises avec mansardes et œil de bœuf au milieu d’un fronton. A l’Est, une aile abrita une cuisine, surélevée d’une grand chambre à 5 fenêtres. Un cadran solaire orna la façade, côté parc.

Une adjonction, côté ouest permit de créer en rez-de-chaussée une chambre de bains, avec baignoire en zinc, chaudière et WC en coffre. Datant sans doute de la même époque, portant la date de 1894, une tour fut construite auprès d’un puit qu’une noria, actionnée par un âne, renvoyait dans le réservoir qu’elle abrite encore. De la tour, l’eau descendait par gravitation au réservoir situé au-dessus de la salle de bain et dans une citerne enterrée prés de la maison alimentant une chaumière en pans de bois et briques. Ce bâtiment était un lavoir (partie basse) et une repasserie. Une canalisation rejoignait également la cave de la maison, en provenance de la citerne. La tour permettait donc d’avoir l’eau dans la maison, en deux endroits (cuisine et bain) et dans les « annexes ». L’eau pouvait être également dirigée vers le jardin et la serre. De cette dernière subsiste une « grotte » en fausse rocaille qui abrite un bassin.

Les communs consistaient en une maison de gardien, une resserre, un WC au fond de la cour. Une vaste remise à voiture, avec grande porte jouxtait l’écurie (2 stalles). Au-dessus deux chambres de service et un grenier à foin et paille avec une trappe donnant sur l’écurie.

Propriétaires successifs

En juillet 1850 la propriété est citée comme appartenant à la fois à J.J. Laurent Guillot pour partie et en 1851 à Mlle Chevalier, épouse Lefèvre.

M. Varengle achète la partie de Mme Lefèvre.

M. Coulon, achète la partie de M. Guillot et restaure la maison ancienne.

Sa fille, Marie Nicole Caroline veuve de François Bondu dit Langevin, vend le 2 juillet 1892 à M. Alloend-Bessand, lequel achète l’autre partie de la propriété à M. Varengle le 21 septembre de la même année.

Le Comte Le Caron de Fleury devient propriétaire le 2 octobre 1904.

M. Jean-Paul Barbet-Massin achète la propriété le 10 septembre 1909. Il en augmentera la surface en acquérant le marais, à ce jour planté, le 11 octobre 1909 au Marquis de Bailleul.

M. Perrot, parfumeur, devient propriétaire le 3 janvier 1942, à la suite des Barbet-Massin et famille (Bellasart, Radius).

La guerre et l’occupation allemande ruinent la propriété, sa grille d’entrée, son jardin. La maison se délabre et reste ouverte à tous les vents.

Mme Simone Tassin de Montaigu, épouse de Edouard Laszlo Hennel achète la propriété à M. Perrot le 4 janvier 1946 et l’augmente en 1950 par l’acquisition de pâtures et partie de marais à M. Quillet. La rivière « la Bonde » traverse désormais la propriété. La surface totale est d’environs 4,5 ha.

Aujourd’hui, même s’ils ont été aménagés en locaux d’habitation, les bâtiments anciens conservent leur « lisibilité ». L’écurie a conservé sa belle porte et une queue de geai souligne le pignon ouest de ce bâtiment. Une petite maison d’enfants a été accolée à la repasserie, appelée maison Dagobert à cause d’une tête sculptée qui y est accrochée, rappelant ainsi que ce roi avait son château à Etrépagny. Pour faire pendant à cette première chaumière, des ateliers et un fruitier ont été aménagés contre le mur ouest de la propriété il y a une quarantaine d’années, couverts d’un toit de chaume.

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