Chauvincourt

 

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Cahier de doléances Tiers Etat du bailliage de Gisors

(secondaire de Rouen) pour les Etats Généraux de 1789

 

Une transcription la plus fidèle possible aux originaux. De légers arrangements, sans plus.

Source : http://archives.eure.fr/search?preset=117&view=list

Transcription : http://historien.geographe.free.fr/cahiers.htm

Chauvincourt élection de Gisors diocèse de Roüen

Représentation

Messieurs il est bon de vous représenter que nous sommes dans une paroisse tout à fait isolée attendu que nous n'avons aucun propriétaire y demeurant, ni fermier pour nous secourir dans cette affaire-là, entendu que la receveuse jouit des deux fermes de la seigneurie et la ferme de Mr Fleury ; monsieur Lefèvre, de Gamaches, fait valloir sa ferme de Chauvincourt par occupation ; monsieur Chaumont, de Noyon, fait valloir sa ferme de Chauvincourt par occupation, et la dime des Chartreux de Gaillon, aussy par occupation ; monsieur Chaumont, de Saint Martin, fait valloir sa ferme de Neuville, hameau de Chauvincourt par occupation. Pour tous les autres propriétaires, les uns sont demeurant à Gisors, les autres aux Andelys et Vernon, et autres endroits. Ainsy, Messieurs, dans toute la paroisse il ne reste que tous misérables journaliers, ainsy jugez comme des gens de notre espèce pouront se tirer de cette opération. Cependant, nous allons faire notre possible pour vous annoncer la vérité et vous dire ce que nous savons être très véritable. Nous n'avons pas besoin de vous dire ce que c'est que des hommes qui gagnent 10 sols par jour à la sueur de leur front pour se nourir, leurs femmes et enfants. Combien ils auront de reste à la fin de l'année ? Là-dessus il faut qu'ils payent les droits de Sa Majesté et les rentes seigneuriales qui se montent encore plus haut, pour posséder une mauvaise baracle bâtit de boue et de pierre à fusil, et quelques perches de terre à cailloux très mauvais pour en faire leur jardin. Il y en a quelques-uns que leurs biens sont estimés à 12 livres ; ils payent à Sa Majesté 7 livres 9 sols, et pour les rentes seigneuriales, ils payent 8 livres 12 sols tant pour chapons, argent, corvées et oeufs, scavoir 3 chapons à raison de 1 livre 5 sols fait 3 livres 15 sols, 30 oeufs à 6 deniers fait 15 sols, argent 10 sols, corvées 4 livres 12 sols à raison de 16 sols par corvées fait 3 livres 12 sols. Et toute la paroisse surchargée des rentes seigneuriales en ce que l'on fait payer les chapons aujourd'huy 1 livre 5 sols et que l'on les payer cy devant à 10 sols. Les corvées que l'on fait faire à présent à 16 sols et si-devant ont les payer 2 sols 6 deniers comme les corvées pour travailler quelque heures dans la journée, et à présent on nous force avec menace de travailler depuis 5 heures du matin jusqu'à 8 heures du soir. La receveuse qui nous fait payer ces corvées à 16 sols et les journées que nous faisons journellement pour elle, ne nous payent qu'à 10 sols, et, ceci n'est pas juste pour le moulin banal auquel nous sommes sujets, malheureusement pour nous, notre seigneur, qui est fort curieux de ses droits, que pour l'ordinaire assez durement nous avons été, et présentement ce nous semble, encore plus dure, raport à la cherté du bled,pour au sujet de la banalité du pressoir, nous sommes très molestés et mal servis raport qu'il n'est pas trop en état, et que la receveuse aprofite ses fruits et laisse perdre ceux des vasseaux ; et en outre, que l'on ne retire que l'eau que l'on met dans le cidre. Les droits qui se consistent au septième siau sans aucune bfourniture, et cy devant l'on pilait les fruits ; l'on fournissait la paille, les siaux et les pelles, et aujourdhuy rien de tout cela ; nous sommes forcés de payer vingt sols par muid, en outre les droits, en outre, Messieurs, les pigeons nous font très grand tort en tout temp par la grande quantité qu'il y a et qui dévore tout, Messieurs, nous avons encore une charité dans notre pays qui est une fondation donnée à notre église pour les enfans de la paroisse et que, aujourd'huy nous ne savons pas de quoy elle devient, et que nous désirerions qu'elle fut distribuée en public et qu'on en tienne un registre.

Messieurs, nous avons encore la rivière depuis Bernouville jusqu'à Chauvincourt qui est si étroite qu'elle ne possède pas plus de quatre à cinq pieds de large par endroit ; en outre, deux vanes qui font gonfler l'eau et vase le marêt et les prairies, et les rend impraticable, que l'on ne peut pas y mettre les bestiaux sans encourir de les perdre.

Nous suplions très humblement Sa Majesté et ses Messieurs d’avoir la bonté de jetter un coud’oeil de commisération sur nos plaintes et misères, ce que nous espérons de Sa Majesté, et qui pouroit facilement nous soulager et augmenter ses revenus, en fesant payer tous les biens de main morte qui sont dans la paroisse.

 

 

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