Doudeauville-en-Vexin

 

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Cahiers de doléances du Tiers Etat du bailliage de Gisors
(secondaire de Rouen)
pour les Etats Généraux de 1789
Publiés par Marc Bouloiseau et Bernard Chéronnet
Paris Bibliothèque Nationale 1971

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DOUDEAUVILLE (Eure)

Dép. : Eure ; arr. : Andelys ; cant. : Etrépagny
Gén. : Rouen ; él. : Gisors ; pop. : 74 feux (217 hab.)
Seigneur et patron : Catherine Françoise Baudouin de Gondreville.

Procès-verbal

Assemblée : 25 mars devant J.Fr. Boivin, syndic.

Comparants : P. Gouffier [lab, 168 l.], Lo. Lefebvre [marchd, 34 l], Nic. Legendre [lab,15 l], Boivin fils [452 l], Martin Rouland [journ, 11 s], Pillon, P. Cresson [4 l], Alex Lecointre [8 s], Georges Dumontier [journ, 2 l], Guil. Lesueur [journ, 12 l], P. Pinchon [journ, 2 l.6], G. Lefebvre [lab, 7 l. 7], Ant. J. Tellier [charretier, 11s], Mic. Lefebvre, Jac. Juilliot [maçon, 2 l. 11], Leteurtre [maçon, 3 l. 8], Jac. Benoît [8 s.], J. Boivin père [480 l.],

Députés : P. Gouffier, Lo. Lefebvre.

CAHIER

Élégante écriture cursive, de la main du syndic qui a sans doute rédigé ce texte avant séance. 19 signatures, les mêmes au procès-verbal et au cahier (cinq sont dessinées). Articles numérotés.

  1. La paroisse de Doudeauville, composée de 74 feux, est située de manière qu’elle se trouve sujette à de fréquentes inondations qui causent des maladies, laissent des mauvais chemins qui souvent deviennent impratiquables par l’exploitation du bois des forêts voisines.
  2. Outre les droits de champart perçus à la 11e et 12e gerbe, dont une partie des terres sont chargées ; outre les rentes seigneuriales de toute espèce et en grande quantité, les récoltes sont endommagées par le gibier de la pleine et des bois, même par les pigeons parce qu’on ne tient pas la main aux règlements que le Roy a donnés et fait donner à ce sujet.
  3. On a privé, il y a quelques années, les habitants de laditte paroisse du droit dont ils jouissoient de temps immémorial, de pâturer leurs bestiaux dans la forest (1)  et même d’y prendre les bois pour la construction de leurs maisons ; ils désirent rentrer dans cet ancien privilège et suplient qu’il soit fait droit en examinant leur titre si on l’exige.
  4. Les habitants de laditte paroisse se plaignent d’être surchargés d’impôts comme taille, capitation, accessoires, corvée et vingtièmes, lesquels vingtièmes étant pour l’ordinaire répartis avec partialité, il arrive que le fardeau tombe presque toujours sur celui qui a le moins de défense. Ces douleurs s’augmente en considérant que de tous ces impôts il n’en parvient qu’une très petite partie au thrésor royal, le reste servant à l’entretien d’une multitude de receveurs de toute espèce dont le nombre leur paroit aisé à diminuer.
  5.  Le fléau qui afflige de temps à autre surtout le menu peuple, c’est la cherté du pain. Les dits habitants prennent la liberté de représenter qu’il seroit à propos de défendre le transport des bleds en des royaumes étrangers, surtout dans des années ou les malheurs comme la grêle, les inondations, et un hiver rigoureux semble se réunir pour rendre cette denrée plus rare, et par conséquent d’un prix excessif.
  6. Comme dans la province des supliants, l’occupation ordinaire, après l’agriculture, c’est la filature de coton, cette espèce de comerce se trouve altéré par des méchaniques à filer qui occupent peu de bras et fournissent en peu de temps grande quantité de fil, de sorte que les femmes et les enfants ne peuvent absolument plus gagner pour fournir un plus pressant besoin. C’est pourquoi ont désire très fort que l’usage de ces machines soient interdits.
  7. Enfin, les habitants de laditte paroisse trouvent qu’il y a, même dans les campagnes, différents objets de luxe sur lesquels ont pouroit lever de petits impôts dont la masse produiroit un grand revenu, lesquels, portés toujours le plus directement possible, contriburoit à rétablir les finances du royaume, et par suite presque nécessaire au soulagement des pauvres ; deux objets que les supliants ont extrêmement à cœur ; et les habitants de laditte paroisse offriront sans cesse leurs vœux au ciel pour la conservation de la personne sacrée du Roy et prieront le Seigneur de bénir un monarque si bienfaisant, dont la bonté paternelle ne dédaigne point d’étendre ses soins jusqu’au plus petit de ses sujets.

(1). Forêt située entre Doudeauville et Heudicourt, limitrophe du buisson de Bleu.

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